Le démarrage...

Depuis plusieurs mois, les équipes présidentielles des établissements universitaires de l'académie travaillent sur des projets de rapprochement entre ces établissements. Cela s'est fait jusqu’à très récemment sans aucune concertation avec les personnels, ni sur les objectifs, ni sur les modalités.

Face à cette situation, les syndicats ont demandé l'organisation d'une réunion de tous les élus des 7 comités techniques concernés : Universités Joseph Fourier, Pierre Mendès-France, Stendhal, Savoie, Institut Polytechnique de Grenoble, Institut d'Etudes Politiques, PRES.

Les objectifs de la CGT : les comités techniques (CT) sont les instances de dialogue social des établissements où les conditions de travail et d'emploi des personnels sont discutées. Mettre en place une réunion inter-CT, c'est pouvoir discuter de l'harmonisation par le haut des conditions d'emploi, de la résorption de la précarité, de l'action sociale...

La CGT, très impliquée dans les CT (premier groupe dans l'ensemble des établissements avec 16 élus), demande depuis plusieurs années des informations sur les politiques des différents établissements dans les domaines des primes, de la gestion des personnels contractuels, des horaires et congés... D'autres questions d'ordre interuniversitaire se posent : médecine du travail, CAESUG, sécurisation des parcours pour les personnels contractuels...

A noter : l’inter-CT, n’ayant aucune base juridique, a pour rôle de donner des pistes de réflexion communes aux établissements pour travailler dans chaque CT.

A la suite de cette demande, une première réunion inter-CT s'est tenue le 29 mai, dans des conditions que nous jugeons mauvaises, et qu’il faudra absolument améliorer :

  • Pas de transmission préalable des documents concernant l'ordre du jour : ce type de dysfonctionnement n'est pas acceptable, nous ne pouvons pas émettre des avis sans réflexion collective, et, pour cela, l'analyse préalable des documents est indispensable ;

  • Pas de discussions sur le fond, les présentations faites par les équipes présidentielles ayant duré la plus grande partie du temps de réunion ;

  • Le point sur les ressources humaines, essentiel pour nous, n'a pu, faute de temps, être traité de façon satisfaisante ; en particulier, les questions liées à la gestion des contractuels et aux congés des enseignants n'ont pu être traitées

Et la suite ?

4 groupes de travail associant représentants des personnels et directions sont mis en place :

  • Politique de gestion des contractuels enseignants, administratifs et techniques

  • CAESUG

  • ESPE (ex-IUFM)

  • Régimes indemnitaires

La CGT participera à ces groupes de travail pour y défendre vos revendications, et se battra aussi pour faire avancer d'autres points, tels que la médecine de prévention pour les personnels.

Si les conditions de travail devaient être harmonisées entre les personnels des établissements, la CGT n’accepterait aucun recul, dans quelque domaine que ce soit, et dans quelque établissement que ce soit, ni pour les personnels en poste, titulaires ou non titulaires, ni pour les futurs recrutements.

Notre analyse de la situation interuniversitaire : les démarches engagées par les équipes présidentielles s'inscrivent dans la ligne de la loi LRU, et maintenant, de la loi Fioraso.

Nous sommes favorables à des coopérations entre établissements, telles qu’elles existent depuis de nombreuses années. Si des coopérations renforcées par rapport à l’existant peuvent être pertinentes, nous rejetons tous projets de fusion ou de regroupements entre établissements, qui éloigneraient les salariés des instances décisionnelles, et auraient assurément des conséquences lourdes sur les conditions de travail, sur l’offre de formations, dont on nous dit déjà qu’elle devra être revue à la baisse...

La CGT revendique :

L'abrogation de la loi LRU et le retour à une gestion nationale de la masse salariale. Celle-ci a en effet mené nos établissements dans une situation catastrophique :

  • la plupart des établissements connaissent de grandes difficultés financières et cela s’aggrave un peu plus chaque année. 25% d’entre eux sont en déficit lourd et ne peuvent faire face aux dépenses de masse salariale. La soi-disant autonomie ne leur laisse que le choix entre les réductions d’effectifs, les gels de postes, la réduction du nombre d’heures de cours et la suppression de filières…

  • Les conditions de travail se sont nettement dégradées et les situations de souffrance au travail sont de plus en plus nombreuses.

  • Moins de démocratie : place des représentants des personnels réduite dans les conseils, concentration des pouvoirs de décision, place plus importante des personnalités extérieures dans les choix politiques des établissements, pilotage de la recherche et orientation des offres de formation en fonction des besoins du patronat…

 

Nous demandons le retrait de la loi Fioraso, que le Sénat vient d’adopter car elle s’inscrit dans la droite ligne de la LRU et n’apporte aucune amélioration à nos problèmes. Elle les aggrave, même, en obligeant les universités à se regrouper, au nom de l’unique objectif de rationalisation des coûts, et sans aucune réflexion sur la réponse aux besoins, qui est pourtant le propre de tous services publics.

Nous revendiquons un service public national de l'enseignement supérieur et de la recherche :

  • qui ait pour vocation le développement et la transmission des connaissances, contribuant à la culture, à l’esprit critique et à l'émancipation des salariés et des citoyens,

  • qui garantisse à tous l'égalité d'accès aux études supérieures de haut niveau, quelles que soient les origines sociales et géographiques,

  • qui maintienne et améliore le statut de fonctionnaire d'Etat de ses personnels, statut garant de ces missions et de l'égalité de traitement,

  • où l'enseignement est adossé à la recherche, dans tous les domaines et à tous les niveaux

  • l'indépendance de l'enseignant et du chercheur est assurée et protégée.

La CGT sera porteuse de vos revendications et n'acceptera jamais un projet d'Université Grenoble Alpes réalisé au détriment de la qualité des conditions de travail de tous les personnels ni de l'offre aux étudiants.